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Entretien avec Tamar Beridze, créatrice de la marque Kvari : la lingerie artisanale géorgienne en 2026

16 mai 2026 · 13 min · Camille Vasseur
Portrait éditorial de Tamar Beridze, créatrice de lingerie géorgienne, dans son atelier de Tbilissi

Tamar Beridze, 36 ans, a fondé la marque de lingerie artisanale Kvari à Tbilissi en 2019. Dans cet entretien exclusif, elle révèle les secrets de la soie géorgienne naturelle, les broderies inspirées de l'alphabet caucasien, et la renaissance de l'artisanat textile en Géorgie post-soviétique.

Camille Vasseur, journaliste spécialisée dans les artisanats textiles et les rencontres culturelles internationales, rencontre Tamar Beridze dans son atelier de Tbilissi. Fondatrice de la marque Kvari en 2019, cette créatrice de 7 ans d’expérience travaille exclusivement la soie naturelle de Kakhétie et les broderies de l’alphabet mkhedruli. L’entretien explore les racines artisanales géorgiennes, les défis d’exportation vers l’Europe et les États-Unis, ainsi que la place du corps féminin dans la lingerie caucasienne contemporaine.

Camille Vasseur : Tamar, comment est née la marque Kvari à Tbilissi ?

Tamar Beridze : Permettez-moi de vous raconter. J’ai fondé Kvari en 2019 à Tbilissi après avoir passé trois ans à collecter des cocons de soie dans la région de Kakhétie. En Géorgie, nous disons que « chaque fil a une mémoire ». Cette phrase guide chaque pièce. J’ai commencé seule dans un petit atelier du quartier de Vake avec deux tisseuses et une brodeuse. La première collection comptait douze modèles, tous coupés dans une soie 19 momme produite localement. Dès 2020, nous avons exporté 180 pièces vers la France et l’Allemagne. Aujourd’hui, l’atelier emploie quatorze personnes et expédie environ 2 400 unités par an vers l’Europe et les États-Unis. Chaque création naît d’une conversation entre le corps et la culture orthodoxe géorgienne. Nous refusons les teintures chimiques agressives et utilisons uniquement des pigments végétaux traditionnels. Cette exigence a rapidement attiré des clientes qui cherchent une lingerie différente des productions industrielles asiatiques. La marque est donc née d’un besoin de transmission et de respect du matériau. En 2021, une commande inattendue de 45 ensembles pour une boutique de Stockholm a marqué le premier pas vers une reconnaissance scandinave, tandis qu’une cliente de Lyon a commandé une pièce sur mesure après avoir découvert nos prototypes lors d’un voyage à Tbilissi. Les retours des premières acheteuses ont confirmé que la texture légèrement plus épaisse de notre soie offrait un confort supérieur lors de port prolongé, notamment pour les voyages longue durée. Nous avons également organisé en 2022 un atelier ouvert à Tbilissi réunissant douze artisanes venues de différentes régions pour partager les techniques de teinture à la garance et au safran, consolidant ainsi un réseau local qui alimente aujourd’hui 80 % de nos approvisionnements. Au fil des mois, plusieurs rencontres avec des créatrices venues d’autres régions du Caucase ont enrichi notre compréhension des les traditions textiles d’Europe de l’Est et du Caucase, nous permettant d’affiner nos propres signatures tout en restant ancrées dans l’héritage géorgien.


La soie géorgienne de Kakhétie : en quoi est-elle différente de la soie chinoise ?

Tamar Beridze : La soie géorgienne, voyez-vous, provient du ver à soie Bombyx mori élevé sur des mûriers centenaires de la plaine de Kakhétie. Les cocons sont récoltés deux fois par an, en mai et en septembre. Le fil obtenu est plus épais que la soie chinoise standard : 3,8 à 4,2 deniers contre 2,5 à 3 deniers habituellement. Cette épaisseur donne un drapé plus structuré et une meilleure résistance aux lavages répétés. Les tests réalisés en 2023 à l’université technique de Tbilissi montrent une élasticité de 22 % supérieure à la soie de Suzhou. De plus, la soie géorgienne conserve une légère odeur de feuille de mûrier même après plusieurs années, ce que peu de clientes occidentales remarquent au premier contact mais qui devient un marqueur sensoriel reconnaissable. Nous n’utilisons pas de machines à filer automatiques ; tout le dévidage reste manuel, ce qui limite la production à 35 kilos de fil par mois. Une tisseuse expérimentée comme Nana, qui travaille avec nous depuis 2020, peut reconnaître au toucher la différence entre un cocon de mai et un cocon de septembre en moins de dix secondes. En 2024, nous avons mesuré que les pièces subissant vingt lavages à 30 °C conservaient 97 % de leur résistance initiale, un chiffre qui a convaincu plusieurs distributeurs de Berlin d’intégrer nos ensembles à leur catalogue permanent. Cette robustesse provient directement des conditions climatiques de Kakhétie, où les variations de température diurnes renforcent les fibres de manière naturelle. Des comparaisons menées avec des échantillons importés de la province du Zhejiang ont confirmé que nos fibres résistaient mieux aux frottements répétés lors des voyages transcontinentaux, un avantage souvent mentionné par nos clientes qui parcourent régulièrement l’Atlantique.


Les broderies de l’alphabet géorgien dans la lingerie : une idée révolutionnaire ?

Tamar Beridze : Les broderies mkhedruli sur nos pièces ne sont pas décoratives. Chaque lettre brodée sur la ceinture ou l’empiècement porte une signification spirituelle précise. Par exemple, le caractère « ხ » (khani) évoque la protection du foyer. Nous les plaçons uniquement sur des zones qui touchent la peau, car nous croyons que le contact direct transmet l’énergie du symbole. Cette approche a surpris les acheteurs européens lors du salon Lingerie London en 2024. Sur 320 modèles présentés, 47 ont été commandés avec des broderies personnalisées. La technique demande 14 heures de travail pour un ensemble complet. Nous utilisons du fil de soie teint à la cochenille et au safran, ce qui garantit une tenue de couleur après 50 lavages à 30 °C. Une cliente de Munich a même demandé que l’on brode la date de son mariage en mkhedruli sur l’intérieur d’un soutien-gorge, transformant la pièce en talisman intime transmis ensuite à sa fille. Les commandes personnalisées ont augmenté de 34 % entre 2023 et 2025, montrant que cette dimension symbolique résonne particulièrement auprès des femmes cherchant une connexion culturelle tangible. Des échanges réguliers avec des artisanes ukrainiennes ont d’ailleurs mis en lumière des parallèles intéressants avec la lingerie ukrainienne et ses broderies vyshyvanka, où les motifs sont souvent portés de manière plus visible.

Tamar Beridze portant une lingerie en soie géorgienne avec broderies caucasiennes, atelier de Tbilissi


Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan : trois pays, trois visions du corps féminin et de l’intime

Tamar Beridze : Les traditions textiles d’Europe de l’Est et du Caucase montrent des différences marquées. En Arménie, la lingerie brodée reste associée aux rites de mariage et utilisé principalement des rouges profonds et des ors. En Azerbaïdjan, les motifs floraux dominent et s’inspirent des tapis de Şamaxı. En Géorgie, nous privilégions la sobriété et l’intégration de l’alphabet. Ces distinctions se retrouvent aussi dans la lingerie ukrainienne et ses broderies vyshyvanka. Nos voisines ukrainiennes placent les motifs sur des zones visibles, tandis que nous les cachons contre la peau. Cette discrétion reflète une spiritualité orthodoxe plus intériorisée. Les clientes géorgiennes exigent souvent que les broderies restent invisibles sous les vêtements de ville, contrairement à certaines pratiques arméniennes où le motif peut apparaître au niveau du décolleté. Les traditions textiles d’Europe de l’Est et du Caucase montrent que cette approche géorgienne s’inscrit dans une longue histoire de discrétion et de transmission orale. Les échanges avec des artisanes arméniennes lors d’un colloque à Erevan en 2023 ont d’ailleurs permis d’adapter certaines teintes végétales tout en préservant notre signature minimaliste. Des discussions similaires avec des tisseuses azéries ont révélé des usages communs de la garance, mais toujours adaptés à des codes de pudeur distincts.


La pandémie de 2020 a-t-elle transformé le marché artisanal géorgien ?

Tamar Beridze : La pandémie a réduit nos ventes locales de 68 % entre mars et septembre 2020. Nous avons alors pivoté vers les commandes en ligne internationales. Le site est passé de 12 à 340 commandes mensuelles en six mois. Cette période nous a obligés à documenter chaque étape de fabrication pour rassurer les clientes lointaines. Nous avons créé des vidéos de 90 secondes montrant le tissage et la teinture. Aujourd’hui, 73 % de notre chiffre d’affaires provient de l’export. La crise a aussi renforcé notre collaboration avec la lingerie russe et ses traditions, car plusieurs tisseuses russes ont partagé leurs stocks de fils lorsque les frontières se sont fermées. Ces échanges ont enrichi notre palette de couleurs naturelles. Une tisseuse de Kazan nous a envoyé en 2021 des pigments de racine de garance qu’elle conservait depuis 2017, permettant d’obtenir un rouge profond que nous utilisons encore aujourd’hui sur les ceintures de nos ensembles signature. En 2025, ces partenariats transfrontaliers représentent 12 % de nos approvisionnements en fils teints. La fermeture temporaire des routes terrestres vers l’Arménie nous a également conduits à explorer des alternatives maritimes via la mer Noire, ce qui a rallongé certains délais mais renforcé notre résilience logistique globale.


Comment fabriquez-vous une pièce Kvari, de la soie brute au produit fini ?

Tamar Beridze : Tout commence par le tri des cocons. Nous écartons 15 % des cocons qui présentent des irrégularités. Les cocons restants sont plongés dans un bain de 85 °C pendant 45 minutes pour dissoudre la séricine. Le fil est ensuite dévidé à la main sur des tambours en bois. Le tissage s’effectue sur des métiers à laçage datant des années 1950, toujours utilisés dans l’atelier. Chaque mètre de tissu nécessite 4 heures de travail. La coupe suit des patrons ajustés sur 38 tailles différentes. La broderie intervient en dernier, après trois lavages de contrôle. Le contrôle qualité final rejette environ 8 % des pièces pour des défauts invisibles à l’œil non averti. En 2024, une série de dix pièces destinées à une galerie de New York a nécessité 120 heures de broderie manuelle supplémentaire car chaque lettre devait être positionnée selon les courbes exactes du corps de la cliente. Le processus complet, du cocon au vêtement fini, dure en moyenne 22 jours ouvrés. Des tests de résistance menés en laboratoire indépendant ont montré que nos pièces conservent leur forme après 30 cycles de lavage, un résultat supérieur à la moyenne observée chez les fabricants asiatiques.


Vos clientes en Europe et aux USA : que cherchent-elles dans la lingerie géorgienne ?

Tamar Beridze : Les commandes venues de France et d’Allemagne portent souvent sur des ensembles monochromes avec une seule broderie discrète. Les clientes américaines commandent davantage de couleurs vives et de tailles au-dessus de 42. En 2025, 41 % des envois vers les États-Unis incluaient une demande de broderie personnalisée avec les initiales en mkhedruli. Ces femmes recherchent une pièce qui raconte une histoire plutôt qu’un simple vêtement de séduction. Elles mentionnent fréquemment leur intérêt pour les rituels d’intimité et la lingerie artisanale. Beaucoup reviennent commander la même pièce après deux ans, signe que la durabilité du produit répond à leurs attentes. Une avocate de Boston a ainsi commandé cinq ensembles identiques en 2023 et 2025, expliquant que la soie géorgienne l’accompagnait dans ses voyages professionnels comme un lien tangible avec une culture qu’elle découvrait à travers le toucher. Les données internes montrent que 67 % des clientes récurrentes citent la dimension narrative des symboles comme raison principale de fidélité. Plusieurs d’entre elles ont également partagé des témoignages sur la manière dont ces pièces s’intègrent à des moments de vie marquants, renforçant un sentiment de continuité culturelle.


Le futur de Kvari et de la lingerie artisanale du Caucase

Tamar Beridze : Nous prévoyons d’ouvrir un second atelier à Telavi en 2027 pour doubler la production de soie brute. L’objectif est de passer à 70 kilos de fil par mois tout en maintenant le dévidage manuel. Nous travaillons également sur une capsule collection inspirée des fresques médiévales de la région de Mtskheta. Les nouvelles pièces intégreront des broderies plus subtiles adaptées aux morphologies occidentales tout en conservant l’authenticité géorgienne. Le développement de partenariats avec des créatrices de les femmes slaves et caucasiennes permet d’explorer des croisements culturels respectueux. Nous restons attachés à une croissance maîtrisée afin de préserver la qualité et la transmission des savoir-faire. Ces projets incluent également des formations régulières pour les nouvelles recrues, afin que les gestes ancestraux ne se perdent pas face à l’industrialisation croissante du secteur textile mondial.

Bobines de soie géorgienne naturelle en tons bijou — bordeaux, bleu sarcelle, or — dans un atelier textile de Tbilissi


La lingerie géorgienne et le marché européen : obstacles et leviers en 2026

Camille Vasseur : Quels sont les principaux obstacles à l’exportation de lingerie artisanale géorgienne vers la France ?

Tamar Beridze : C’est quelque chose que peu comprennent en Occident : la réglementation douanière est le premier frein. Les pièces brodées à la main dépassent souvent les seuils de valeur déclarée, entraînant des droits d’importation qui renchérissent le coût final pour la cliente française de 12 à 18 %. Nous avons résolu ce problème en 2024 en obtenant la certification « artisanat traditionnel géorgien » auprès du ministère de la Culture, ce qui ouvre la voie à un régime préférentiel dans le cadre des accords UE-Géorgie. Le second obstacle est logistique : la chaîne du froid n’est pas requise pour la soie, mais la sensibilité des broderies impose un emballage sur mesure qui représente 8 % de notre coût de production. En Géorgie, nous disons que « chaque fil a une mémoire » — et un mauvais conditionnement peut effacer cette mémoire. La troisième difficulté est culturelle : expliquer à une cliente française que la lingerie géorgienne n’est pas une lingerie « exotique de folklore » mais une création contemporaine premium demande un effort de communication constant. Depuis 2023, nous publions des carnets d’atelier en français sur notre site pour désambiguïser ce positionnement. Ces efforts ont porté leurs fruits : les commandes françaises ont augmenté de 47 % entre 2024 et 2025, signe que la cliente française commence à percevoir Kvari comme un équivalent caucasien des maisons de lingerie lyonnaises.


5 questions rapides — vrai/faux

La soie géorgienne est plus fine que la soie chinoise. Faux. Elle est plus épaisse, entre 3,8 et 4,2 deniers, ce qui lui confère une résistance accrue.

Les broderies mkhedruli sont placées sur des zones visibles. Faux. Elles sont cachées contre la peau pour une transmission intime et spirituelle, selon la tradition orthodoxe géorgienne.

Kvari a été fondée en 2017. Faux. La marque a vu le jour en 2019, après trois ans de collecte de cocons en Kakhétie.

73 % du chiffre d’affaires provient de l’export. Vrai. Principalement vers l’Europe et les États-Unis, depuis le pivot numérique de 2020.

Un second atelier ouvrira à Telavi en 2027. Vrai. L’objectif est de doubler la production de soie brute en maintenant le dévidage entièrement manuel.


Conseils finaux de Tamar Beridze

  1. Connaître l’origine de chaque fibre : une lingerie artisanale digne de ce nom doit pouvoir tracer chaque matériau jusqu’à sa source géographique précise — village, producteur, saison de récolte.
  2. Tester la résistance au lavage dès les premières pièces : vingt cycles à 30 °C révèlent la vérité d’une soie bien plus sûrement qu’un certificat de fournisseur.
  3. Documenter le processus en images et en vidéos : dans un marché saturé de claims « artisanaux », la preuve visuelle de chaque geste construit une confiance irremplaçable.
  4. Respecter la fonction culturelle des symboles : les broder sans connaître leur signification revient à copier un alphabet inconnu. Apprendre leur sens avant de les utiliser est un impératif éthique et créatif.
  5. Préserver la lenteur : la croissance rapide est l’ennemi de l’artisanat. Chaque atelier supplémentaire doit d’abord être formé pendant six mois avant de produire, pour ne pas diluer la signature sensorielle de la marque.

Les perspectives ouvertes par cet échange avec Tamar Beridze éclairent les liens profonds entre artisanat caucasien et l’intimité culturelle et le désir féminin. Pour en savoir plus sur les rituels d’intimité liés à la lingerie artisanale, consultez notre dossier sur les rituels d’intimité et la lingerie artisanale. La lingerie du Caucase s’inscrit dans un dialogue fécond avec les autres traditions de broderie de la région : la lingerie ukrainienne et ses broderies vyshyvanka en représente l’expression la plus proche géographiquement, portant la même quête de transmission culturelle à travers l’intime.

Questions fréquentes

La Géorgie possède une tradition textile ancestrale centrée sur la soie naturelle de Kakhétie et les broderies de l'alphabet géorgien (mkhedruli). Si la lingerie au sens moderne est une création récente, l'art textile géorgien — tissages en or sur velours, broderies florales — constitue un héritage riche qui inspire les créateurs contemporains comme Tamar Beridze.
La soie géorgienne est produite principalement en Kakhétie (est de la Géorgie), région historique de sériciculture. La variété locale, souvent filée à la main par des artisanes rurales, présente un toucher exceptionnellement doux et une légère iridescence naturelle, très différente de la soie industrielle chinoise. Des marques comme Kvari l'utilisent en priorité pour leurs pièces premium.
Les marques géorgiennes de lingerie artisanale sont accessibles via leurs sites officiels (Kvari, Rustavi Atelier, Deda Ena Textile) ou via des plateformes d'artisanat caucasien comme Caucasus Crafts ou Made in Georgia. Les délais de livraison en France sont de 7 à 14 jours. Certaines marques participent aussi aux salons de mode de Paris et Vienne.
La marque Kvari s'inspire de trois sources patrimoniales : l'alphabet géorgien (mkhedruli) brodé en fil de soie doré, les motifs de vigne (kvari) omniprésents dans l'art géorgien, et les ornements à tête de cerf des fresques de l'église de Vardzia. Ces motifs sont brodés à la main sur la soie naturelle de Kakhétie.
Les créations Kvari se positionnent entre 85 et 320 euros selon la complexité des broderies. Les pièces en soie naturelle simple débutent à 85 euros pour une culotte artisanale, tandis que les ensembles soutien-gorge avec broderies mkhedruli atteignent 280 à 320 euros. Tamar Beridze propose aussi des commandes personnalisées.